Nous sommes sociaux démocrates et réformistes. Nous pensons que les conflits doivent se résoudre par la négociation et le compromis. La guerre a besoin d’alliés, la paix a besoin de militants. Chacun d’entre nous intervient, à son niveau, dans les manifestations, dans les discussions. Sans être partie prenante, on peut quand même faire la guerre par procuration. On choisit son camp, on choisit les victimes, on choisit les slogans. Hamas terroriste contre Israël assassin. La guerre continue.
Amir Farshad Ebrahimi - Flickr
Comment contribuer à la paix? En en recherchant inlassablement les conditions. En refusant les logiques de guerre. En Nouvelle Calédonie, la gauche manifestait son soutien aux Canaques et dénonçait les privilèges des Kaldoches ainsi que la répression policière. Michel Rocard a réuni les uns et les autres et obtenu un accord qui tient encore avec mille difficultés et mille tensions. Un compromis c’est cela: créer une situation où l’on va régler les conflits par tous les moyens excepté la violence armée. La violence armée dit que la solution passe par l’élimination ou la soumission de l’un des protagonistes du conflit. Le compromis dit que l’adversaire fait partie de la solution. C’est ainsi que l’Afrique du Sud est passé d’une situation d’apartheid et de soumission à un compromis. Nelson Mandela a pu imaginer l’inimaginable: que les Blancs acceptent de vivre en Afrique du Sud sans être les maîtres sans partage. En Bosnie, au Kosovo, en Irlande du Nord, les tensions subsistent mais les armes se sont tues. Il n’y a pas eu de victoire, pas de déroute militaire, pas de drapeau planté sur une ambassade étrangère. Personne n’a pu manifester en criant « on a gagné! ».
Au Proche Orient, les partisans d’une victoire ou d’une défaite totale exercent une forte influence des deux côtés. Les uns ne veulent pas d’un état palestinien, les autres ne veulent pas d’un état israélien. Quand des modérés partisans d’un compromis prennent de l’importance, les jusqu’au-boutistes font ce qu’il faut pour les affaiblir. Dans la dernière période, lancer des rockets en Israël pendant la campagne électorale c’était dire clairement: nous préférons avoir en face de nous des dirigeants qui refusent toute discussion car c’est ainsi que nous parviendront à détruire l’Etat d’Israël. En Israël, les jusqu’au-boutistes préfèrent le Hamas au Fatah parce qu’ils savent qu’il sera impossible de construire un état palestinien dirigé par des gens qui veulent la destruction d’Israël.
Le PS pourrait intervenir dans l’actualité en organisant un meeting sur le conflit israélo-palestinien. Il soutiendrait la proposition d’un cessez-le-feu immédiat. Il inviterait un représentant du mouvement pour la paix israélien et un représentant de l’autorité palestinienne à prendre la parole. Il demanderait avec insistance aux Palestiniens d’accepter l’existence de l’état d’Israël et à Israël d’aider à la construction d’un état palestinien. Il serait un parti de gouvernement.
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